La main douce

Nous sommes entre 1777 et 1779. Un aristocrate, qui a
connu les affres de la Terreur et l'exil jusqu'au Directoire,
raconte l'histoire de son admirable amitié pour le chevalier de
Saint-Georges (1745-1799), qui fut célébré et reconnu pour ses
compositions musicales, sa virtuosité au violon, son art de
bretteur et son amour des femmes. A travers cette amitié
entre un homme contrefait, mais rompu aux usages du monde,
et cet être d'exception, dont la condition de mulâtre l'expose
aux contradictions de son époque, se joue la difficulté d'être
aimé et d'aimer pour ce que nous sommes. En un temps où
l'abandon des règles et des hiérarchies semble source d'autant
d'inquiétude que de passion, il représente le témoignage privilégié
d'un ordre qui s'éteint et se voit inexorablement entraîné à
s'interroger sur le triomphe apparent du règne de l'esprit, sur
la nécessité de défendre l'égalité des hommes de toute condition
et enfin, sur l'âpre combat pour dévoiler l'authenticité des sentiments,
qu'il espère voir transfigurés sur le terrain des beaux-arts et
de l'expression des émotions.