Ouest-Est : dynamiques centre-périphérie entre les deux moitiés du continent : des regards pluridisciplinaires, travaux de l'Université d'été de Pécs, 24-29 août 2009

En 2009, l'Europe célébrait le vingtième anniversaire de la chute du
Mur, deux ans après le cinquantenaire du Traité de Rome. Ces
commémorations se prêtaient à un retour sur le clivage Est-Ouest, clivage
ancien sans doute mais fortement structurant.
Au terme de quinze ans de «transition monitorisée» par l'Union
Européenne, les deux parties de l'Europe ont heureusement perdu
l'importance géostratégique qu'elles avaient au temps de la bipolarité et
doivent (s')accommoder aujourd'hui (de) la tentative d'emprise sur le
monde d'une hyper-puissance globale, d'un centre qui se trouve ailleurs.
La reformulation du rapport centre-périphérie, si elle prévaut
aujourd'hui, n'en appelle pas moins un retour sur le passé. Par exemple, la
multipolarité à laquelle aspire/se confronte aujourd'hui l'UE est une
donnée de vieille date de l'espace danubien, qui a su articuler
centralisation parfois autoritaire, modernisation à l'école des centres
d'impulsion occidentaux, délégation fédérale des pouvoirs et liberté de
développement des identités culturelles. De même les États d'Europe
centrale, à la marge du modèle dominant, ont été souvent porteurs de
modernité, grâce à des élites nombreuses et bien formées qui ont apporté
leur contribution à la pensée et aux arts européens.
C'est donc sur la pertinence scientifique du couple conceptuel
«Centre-Périphérie» que les contributeurs de la présente publication ont
été invités à réfléchir : quel fut son usage ? Quelles configurations a-t-il
induites selon les réalités traitées ? A-t-il encore quelque utilité dans une
ère de polycentrisme ?...
La pluridisciplinarité s'invite naturellement au sein de cette réflexion.
La fluidité des allers et retours des idées, la subtilité de la respiration
générique qui définit le souffle européen s'accommodent mal des
paysages cloisonnés et des horizons brisés par l'artificialisme des
frontières.