Festoù-noz : histoire et actualité d'une fête populaire

«Après la lecture de cet ouvrage, il restera toujours, à l'oreille de chacun
d'entre nous, une résonance de biniou, de bombarde ou de kan ha diskan.»
Pascal Lamour
Le fest-noz, festoù-noz au pluriel, est un phénomène unique ou à peu près,
en Europe. (...) samedi soir, il draine des milliers, parfois des dizaines de
milliers de dans(...)rs et de danseuses, de toutes générations et de toutes
conditions sociales, vers des salles des fêtes où ils enchaînent an-dro, laridés
six temps, ronds de saint Vincent etc. Jusqu'au bout (...) la nuit. Et au son
d'une musique live. La danse a toujours, selon les observateurs et les
«folkloristes» du XIXe siècle, été la passion des Bretons. Un art dans lequel
ils excellent autant que dans la musique, dont il est évidemment inséparable.
Pratiquée jadis aux noces, aux pardons, ou après les devezhioù bras, les grandes
journées agricoles qui voyaient toute la communauté se rassembler pour
la moisson, l'aire neuve, le battage du blé noir ou l'arrachage des pommes de
terres, la danse accuse aujourd'hui une tendance à l'urbanisation et se plie
aux rythmes de vie de ce début de XXIe siècle. Mais, du fest-noz mod kozh,
(«ancien style»), au fest-noz mod nevez, («nouveau style»), les Bretons
perpétuent, contre vents et marées, les danses de leurs ancêtres. Et du petit
fest-noz local à la «grand-messe», hier de Kleg, aujourd'hui du cyber-fest-noz
ou de Yaouank à Rennes, le phénomène est toujours bien présent et traverse
les époques malgré les inévitables «creux de vagues» et les effets de
mode.