Treize mois : chroniques d'un larbin en milieu étoilé

Je me demande si Dieu fera un jour que je me réveille dans le corps d'un autre mec, un mec normal, de mon âge, qui vit chez ses parents, qui va en cours, qui fait le con, qui s'amuse, qui profite de la vie. J'en ai ma claque, de tout ça.
La semaine, dès qu'il faut descendre en cuisine, j'ai une boule dans le ventre. Même le week-end, rien qu'à penser aux plans de travail en inox et aux fours, mes tripes se tordent. J'essaie de ne pas imaginer les âmes de la brigade, mais les mauvaises pensées reviennent toujours. Je sais d'où ça vient : je me sens enfermé. Mais il vaut mieux se dire que c'est comme ça, que je n'y peux rien. Bref, qu'« il va bien falloir le terminer, cet apprentissage », comme dit ma mère.
L'argot et les lieux communs du milieu des années quatre-vingt-dix amuseront les nostalgiques et les amateurs d'impertinence. D'autres verront peut-être dans ce livre une critique de la bourgeoisie de province, du « bon goût français » et des médias de masse. Cette oeuvre reste le récit d'un jeune un peu paumé par la voix duquel l'auteur nous dévoile l'envers du décor d'un milieu trop souvent édulcoré, voire porté aux nues : la grande cuisine.