Le secret de l'Auberge rouge : enquête sur une affaire criminelle

Le 2 octobre 1833, en présence d'une foule considérable,
Pierre Martin, sa femme Marie et leur commis Rochette sont
décapités devant leur auberge de Peyrebeille, aux confins de
l'Ardèche et de la Haute-Loire, Depuis dix ans, la rumeur courait
que des voyageurs y avaient échappé à l'assassinat ; mais tous
avaient refusé de parler. Jusqu'à ce que témoigne un certain
Enjolras, dont le récit déclencha l'affaire en 1831...
Très vite, le terme d'«Auberge rouge» vint à désigner un gîte
louche dont on n'est pas certain de ressortir vivant.
Convaincus de vols et de meurtres barbares, les époux Martin
y auraient, en l'espace de vingt ans, dévalisé et tué des dizaines
de voyageurs naïfs, avant de consumer leurs corps dans des
circonstances dignes d'un film d'horreur...
Fait divers sordide ou procès politique ? Pièces d'époque en
main, Gerald Messadié relève les anomalies de l'instruction et
interroge : pourquoi tant de voyageurs riches séjournèrent-ils
sans dommage à Peyrebeille ? Pourquoi tant d'aristocrates
locaux s'exprimèrent-ils en faveur de Martin ? L'énigme de
l'«Auberge sanglante» fut-elle l'expression d'un règlement de
comptes entre chouans ardéchois, nobles spoliés et bourgeois
enrichis par la Révolution ? Le plus célèbre fait divers du XIX<sup>e</sup> siècle
ne serait-il qu'une incroyable machination judiciaire, ourdie à la
faveur du changement de régime survenu en 1830 ?