L'humanisme eschatologique de Louis Bouyer : de Marie, trône de la sagesse, à l'Eglise, épouse de l'Agneau

Comment le plus fulgurant des théologiens français du XX<sup>e</sup> siècle
est-il demeuré dans l'ombre jusqu'à nos jours ? Voici ce théologien
complet enfin intégralement exposé, à partir des aspects les plus
achevés de sa vision primordiale : de Marie à l'Église, de l'humanité
réalisée à l'humanisme consommé, de l'homme céleste à la vocation
monastique, tout tient dans la Sophia divine incarnée en la Vierge un
jour de l'histoire d'Israël, ainsi devenu la fin des temps.
On nous propose de lire ici tout Bouyer, même ses romans fantastiques,
de sympathiser avec lui, non sans un peu de circonspection, de se
passionner pour l'Orient, les sophiologues russes, l'iconographie
mariale, de se découvrir érasmien, philippien, newmanien, pour finir
convaincu que les médiévaux du Nord, Guillaume de Saint-Thierry
ou Hadewijch d'Anvers, avaient tout compris de la divinisation
par «les audaces de l'amour»... Sur la table fastueusement garnie,
une documentation immense, dont notre scribe-sourcière dégage
l'originalité, tout en discutant sans cesse toute l'oeuvre, dans une
langue magnifique, qui rend la provende si exquise à chaque instant.
En finale, les théologies grecque et latine s'allient aux figures
mystiques chrétiennes pour dire la sainteté de la Jérusalem céleste,
mère, puis épouse puis vierge - à l'instar de Marie. De la création à
la parousie, c'est l'humanisme eschatologique qui s'atteste, sous les
espèces et apparences de cet Agneau toujours immolé dont l'Épouse
célèbre en mode jubilatoire l'avènement.
Un jeune docteur d'une jeune Congrégation a pris hardiment la mer
pour ramener ce filet débordant qu'il nous faudra longtemps pour
consommer sur le rivage.
Venez, tout est prêt ; prenez et lisez !