Les dimanches de verre

«Doit moins voir son fils !», avait prescrit le docteur. Et
voilà comment, à onze ans, Benjamin s'est retrouvé
interne à la pension Jeanson de Charenton-le-Pont...
pour soulager les nerfs de son père.
C'est un pensionnat comme il en existe encore dans les
années soixante : blouses grises, rangs serrés, coups de règle
sur les doigts et lignes à copier. Benjamin y apprend vite la
loi du plus fort. Il sait se faire tout petit devant un grand,
crier avec les autres : «Du sang ! Du sang !» à la moindre
bagarre dans la cour ou céder son petit déjeuner à
Chevrier, son chef de table. Mais chaque jour, son ventre
devient dur comme une boule de pétanque.
Tout ça, il le garde pour lui. Jamais il n'inquiéterait sa
mère, qu'il adore, avec tous ses ennuis.
Et puis, il n'est pas le plus à plaindre. Un nouveau vient
d'arriver. Il s'appelle Pierre Favier, si couillon qu'on le
surnomme «Hors-Sujet». Il a le chic pour s'attirer les claques
et les brimades des grands et mieux vaut éviter de trop le fréquenter.
Une amitié improbable va naître entre Benjamin et
ce Pierrot Tout Fou. Une amitié à la vie à la mort...