La conscience

«On peut tout fuir, sauf sa conscience»,
écrivait Zweig. Par elle, l'homme, éprouvant
son existence et son unité, se constitue
comme sujet. Elle conditionne son rapport
à lui-même, à autrui, au monde, au temps,
à l'action. Envisagée dans une perspective
morale, c'est elle qui fait de lui un être
responsable, agissant en connaissance
de cause. Depuis la formulation, au XVII<sup>e</sup> siècle, du
cogito cartésien dont dérive la conception moderne de
la conscience, quels chemins ont été empruntés pour la
penser ? Comment la mise au jour de l'inconscient par
la psychanalyse et les recherches des sciences cognitives
ont-elles fait évoluer, plus récemment, notre manière
de l'appréhender ? Question philosophique, mais aussi
éthique, psychanalytique, cognitive, spirituelle, la
conscience, par laquelle l'homme prend la mesure tout
à la fois de sa finitude et de sa liberté, est une source
inépuisable d'interrogations.