L'homme dans la lune

2 septembre 1599 : Dominique Gonzales s'élève dans
les airs au moyen d'un attelage de son invention,
monte, monte encore et, après douze jours de vol,
parvient sur la Lune où il séjournera près de deux ans
en compagnie de ses hôtes, les Lunaires. Utopie, voyage
imaginaire, récit d'aventures, anticipation visionnaire ?
Ce roman qui inspira Cyrano de Bergerac, Defoe,
Verne, Flammarion, Wells, etc., est tout à la fois. Mais
le véritable enjeu de L'Homme dans la Lune est beaucoup
plus ambitieux. Écrit dans les années 1630, Francis
Godwin met en situation un observateur qui va vérifier,
une à une, toutes les découvertes contemporaines
de Kepler et de Galilée qui chatouillaient diablement
les thèses officielles. Oui, la Terre tourne. Oui, elle est
entourée d'une atmosphère dont on peut se libérer.
Oui, la surface de la lune est bien faite de montagnes
élevées et de plaines. Oui, le Soleil est au centre et
l'homme à la périphérie. Non et non, la vision d'Aristote
ne peut décidément plus correspondre aux nouvelles
évidences scientifiques, Inquisition ou pas. Charmante
illustration de la représentation copernicienne à une
époque où Giordano Bruno venait d'être grillé vif pour
avoir défendu l'idée de la pluralité des mondes ! Elle est
donc, pour nous encore aujourd'hui, l'illustration des
vertus de l'homme voyageur : curiosité intellectuelle,
tolérance et décentrement, communication avec l'autre.