Le travail, entre droit et cinéma

Qu'il soit vécu comme libérateur ou contraignant, le travail est omniprésent dans nos sociétés alors
même qu'il peut y être insuffisant voire absent. Avec ces deuxièmes rencontres Droit et cinéma : regards
croisés, l'occasion nous est donnée de mesurer la portée à la fois cinématographique et juridique du travail.
En effet, le cinéma n'hésite pas à se saisir du travail pour en révéler la diversité - travail agricole,
industriel, tertiaire -, la complexité et la violence. Par le truchement de la caméra, le 7<sup>e</sup> art s'empare du
travail en nous faisant passer de la comédie au thriller ou encore du documentaire au film de guerre.
Le contrat de travail, symbole de la relation nouée entre le salarié et l'employeur, rappelle la dimension
juridique du travail. Celui-ci s'inscrit en effet dans un ensemble de règles à la fois contraignantes et
protectrices dont la représentation est un défi pour le cinéma. Embauche, licenciement, conflits du travail
constituent donc le moyen pour celui-ci d'évoquer le droit social. Mais le cinéma repousse aussi les frontières
de ce dernier, nous invitant à voir dans «le contrat du tueur un contrat de travail comme les autres».
Miroir de la société qu'il capture, le cinéma apparaît comme le révélateur du contexte politique et
idéologique dans lequel s'inscrivent les réalisateurs. Qu'il se fasse dénonciateur de l'inhumanité du travail
ou qu'il soit porteur d'espoir, le cinéma dévoile les évolutions du travail et du droit. Ainsi, le travail, tant à
l'écran qu'en coulisses, fait du cinéma un instrument de recherche en droit social.