Infidèle : histoires de transgression

«Personne dans la vallée de la Chautauqua ne savait où s'était
enfuie la jeune épouse de John Nissenbaum mais tout le monde
savait, ou avait son opinion sur la raison de sa fuite. Sans foi, voilà
ce qu'elle était. Une femme sans foi.»
Ce livre, placé sous le signe d'Edgar Allan Poe dont Oates partage
l'amour du fantastique et de l'horreur, comporte vingt et une nouvelles.
Le thème qui les relie est la frontière floue entre le bien et le mal.
Joyce Carol Oates traite ce sujet sous tous ses aspects dans des
styles et des tonalités d'une variété impressionnante. Parfois
réaliste, souvent d'un comique grinçant mais toujours avec une
admirable économie de moyens, elle raconte la vie d'hommes et
de femmes aux prises avec leurs contradictions et leurs obsessions.
L'infidélité sexuelle, les tricheries, les malhonnêtetés routinières,
les secrets de familles, les ambitions revues à la baisse, les
magouilles du journalisme à scandale, l'attachement érotique aux
armes à feu, la violence, l'aliénation, la volonté de se faire passer
pour un autre : autant d'angles d'approche qui permettent à Oates
de disséquer l'âme humaine.
Chronique de moeurs, Infidèle constitue aussi une critique sociale
dans une Amérique en quête de repères. En passant d'une histoire à
l'autre, en mettent en scène les laissés-pour-compte comme les
privilégiés, Joyce Carol Oates esquisse d'une main de maître un
impitoyable portrait de son pays natal.