Travailler c'est lutter : politiques de modernisation et engagements des sciences sociales

Ce livre traite des micro-politiques du travail. Celles des
dirigeants d'entreprise, mettant en oeuvre des moyens variés pour
accroître la productivité et «changer les mentalités». Celles des
salariés qui les contournent, y résistent, ou parfois courbent l'échine.
Basé sur de nombreux exemples, «cas», entretiens et observations,
ce livre souligne la grandeur du travail ordinaire, pour lui redonner
ses lettres de noblesse, son caractère de lutte existentielle, de
tragédie parfois.
Le langage au travail est au coeur des analyses proposées ici.
Elles abordent successivement les politiques de modernisation des
entreprises en leur donnant une définition précise, les dispositifs
d'encadrement en en montrant les failles, et le rôle qu'y jouent les
sciences sociales.
Renvoyant dos à dos la langue de bois managériale et une
certaine doxa sociologique, cette perspective invite les chercheurs à
penser que l'expertise et le conseil, loin de représenter des
«risques», sont aujourd'hui l'une des conditions de la survie des
sciences sociales. Les textes réunis ici illustrent la manière dont les
défis ainsi jetés peuvent être relevés, par une approche vivante du
travail et de ses rapports avec les autres sphères de la vie sociale.
Basé sur l'idée qu'on est toujours de fait «engagé» dans ses
pratiques professionnelles, ce livre plaide pour une forme de
«militantisme du métier» et propose des pistes pour des stratégies
d'intervention sociologiques originales.