Le silence des sphères : essais sur la musique

Les philosophes chinois disent que, grâce à la musique, «les
yeux et les oreilles voient et entendent bien ; entre le sang et le
souffle s'établit un équilibre harmonieux ; les moeurs se civilisent
; la terre des hommes est paisible.» Ils croient que «de la
musique résulte l'union harmonieuse du ciel et de la terre».
Dans les textes qui suivent je me penche également sur l'aspect
destructeur de la musique, négligé par les musicologues mais
souligné par les poètes.
Ce que je propose est l'approche multiple d'une sphère qui
s'apparente à l'aleph de Borges ou au Dieu de Spinoza. Les écrivains
d'aujourd'hui ne peuvent ignorer Musil et Proust sous
peine d'amputer une partie de notre cerveau : concevoir des
oeuvres qui ne tiennent pas compte de leurs recherches serait
revenir à un temps où la mécanique quantique et la relativité
n'existaient pas. En revanche, un compositeur peut ignorer
Schoenberg, et cela en vertu de l'omniprésence de la musique.
Quoi que l'on fasse, on n'en fera jamais abstraction.
Je propose aussi un commentaire sur cette maxime chinoise :
«L'ombre d'un oiseau qui vole ne bouge jamais.»