Politique africaine, n° 27. Togo authentique

Notre Togo sera d'abord celui de la société civile, que nous placerons sous le signe de l'authenticité. Cette référence invite, en effet, non seulement à un retour en arrière en vue d'explorer les racines des diverses composantes ethniques du pays, mais aussi à une réflexion sur leur développement, sur l'émergence d'une société nationale, sur les événements actuels inscrits en continuité - ou en rupture - par rapport au passé.
Nous avons voulu nous attacher à l'étude de problèmes sociaux et économiques actuels, importants dans la mesure où ils vont bien au-delà de la conjoncture politique, ou économique et relèvent d'un rapport permanent à l'État : la démocratisation des institutions promise par le chef de l'État, et attendue par le peuple, le rôle des chefs coutumiers, toujours présents mais non reconnus dans leur fonction judiciaire ; le développement rural, dont le financement apparaît insuffisant ; le trop rare investissement productif des revendeuses ; l'extension des réserves, incompatible dans certains cas avec l'agriculture ; l'enseignement enfin, dans son contenu, mais aussi dans les motivations des parents.
L'amitié « germano-togolaise » a eu 100 ans en 1984... Le Togo aussi par la même occasion. Pendant des décennies, les jeunes Togolais ont rêvé de l'« Ablode », de l'indépendance. Plus d'un quart de siècle après son avènement, l'heure est aujourd'hui au désenchantement. La « Nouvelle Marche » ne pourra réussir, si une sorte d'ankylose morale atteint un peuple trop longtemps empêché de s'exprimer.