Camus et Sartre : amitié et combat

Camus et Sartre se rencontrent en 1943 au coeur de
l'Occupation. Une relation d'amitié et de complicité
intellectuelle est née, qui durera jusqu'en 1951, date de la
publication de
L'Homme révolté.
Parce que Camus refuse
la conception marxiste de la révolution qui légitime l'usage
de la violence et qu'il dénonce les perversions de
1789 et 1917 , Les Temps modernes le qualifient «d'intellectuel
au-dessus des conflits réels». Camus rétorque en
évoquant l'hommage qu'il rend dans ce texte aux révolutionnaires
de 1905 et il accuse ses détracteurs «qui n'ont
jamais placé que leurs fauteuils dans le sens de
l'Histoire.»
La rupture est consommée et les deux hommes ne se
parleront plus.
Ronald Aronson décrit le rapport complexe qu'entretenaient
ces deux géants. S'ils s'accordent sur la question
de la liberté et de la responsabilité devant le mal, leurs
divergences s'accentuent au fur et à mesure que la
Guerre froide s'intensifie : Sartre privilégiera en effet la
lutte contre le patronat et la classe dominante, Camus
fera le choix d'un humanisme chrétien.
Aronson offre une remarquable analyse critique et synthétique
d'une relation dont la confrontation dépasse les
oeuvres respectives de ces deux intellectuels.