Les Chorégies d'Orange : de 1869 à nos jours

Nées à la fin du Second Empire, grâce aux félibres Félix Ripert et Antony-Réal,
séduits par l'acoustique exceptionnelle du Théâtre Antique, les
Chorégies sont d'abord marquées par la suprématie du théâtre parlé. Après
une timide apparition, le théâtre lyrique y est de plus en plus représenté,
devenant le seul maître du lieu à partir de 1971. Au lendemain de la seconde
guerre mondiale, les spectacles reprennent leur essor sous la direction de
talentueux chorèges (Hervé, Lehmann, Hirsch, Julien, Leduc).
De 1971 à 1981, Jacques Bourgeois et Jean Darnel accroissent le
rayonnement des Chorégies, avec de mémorables représentations ( Tristan et
Isolde, Norma, Fidelio ), Nommé en 1981, à la tête des Chorégies, qu'il dirige
toujours, Raymond Duffaut conforte leur rayonnement international, tout en
les ouvrant largement à la population d'Orange. La qualité des spectacles,
régulièrement télévisés, et le renom des interprètes, expliquent des records
d'affluence, permettant un pourcentage d'autofinancement exceptionnel.
Affichant régulièrement des chanteurs aimés du public, le Théâtre Antique
d'Orange représente des opéras qui créent chaque année l'événement lyrique
de l'été, du mythique Don Carlos de 1984 au Rigoletto d'anthologie de 2011.
Confrontées parfois à la violence du mistral, qui emporte les voix et les
partitions, ou à la pluie qui s'invite parfois au spectacle, mais aussi aux
contingences humaines qui peuvent transcender ou perturber un spectacle,
les Chorégies demeurent un lieu magique, propice au rêve et à l'enchantement,
dont l'histoire méritait bien un récit par un de ses plus fidèles serviteurs et
une préface d'Alain Duault.