Les nécropoles protohistoriques de La Haute Grève à Gouaix (Seine-et-Marne) : contribution à l'étude des pratiques funéraires au cours de l'étape moyenne du bronze final (XIIe-XIe siècle av. J.-C.) et au début du second âge de fer (Ve-IIIe siécle av. J.-C.) dans le sud du bassin parisien

Fouillées en préalable à l'exploitation d'une carrière, les nécropoles protohistoriques
de "La Haute Grève" à Gouaix sont localisées dans la plaine alluviale
de la moyenne vallée de la Seine (La Bassée). Le gisement est constitué de deux
ensembles funéraires bien distincts dont la fréquentation est séparée par un
important hiatus chronologique. La première nécropole est composée d'un enclos
et de 17 incinérations attribuées à l'étape moyenne du Bronze final (XII<sup>e</sup>-XI<sup>e</sup> s.
av. J.-C.). Les sépultures sont très standardisées : une fosse accueille une urne
fermée par un couvercle et sert de réceptacle aux restes osseux accompagnés de
quelques petits vases accessoires. Les gestes déployés lors du rituel funéraire
sont stéréotypés et les indices de différenciation sociale ténus, un lot de parures
dont 34 perles en verre originaires d'Italie du Nord méritant d'être soulignés.
Le second ensemble se compose de 61 tombes du début du second âge du Fer
(V<sup>e</sup>-III<sup>e</sup> s. av. J.-C.) réparties en enclos, groupes à délimitation légère et sépultures
dispersées. L'analyse de cet ensemble, qui met l'accent sur l'identification des
défunts (sexe, âge, statut) et sur la restitution des modes d'ensevelissement
(taphonomie), adossées à l'étude du mobilier, permet de souligner l'homogénéité
des gestuelles funéraires et la diversité des combinaisons de mode de
dépôt. La majorité des défunts est accompagnée d'un mobilier modeste, voire
absent, les seuls "dépôts" concernant six individus équipés d'une panoplie
militaire. La richesse et la qualité des informations enregistrées lors de la
fouille et de la restauration du mobilier, permettent de reconsidérer bien des
aspects des pratiques funéraires de l'espace sénonais : organisation, typologie
des regroupements, recrutement, mode d'ensevelissement, rituel, fonction des
objets, etc. Ces données permettent ainsi de s'interroger sur la représentativité
de l'ensemble, sur la gestion de l'espace, sur la maîtrise du temps et sur les
systèmes de représentation sociale au sein d'une nécropole polynucléaire.