Vers le monde étrange de Marie. Vol. 2. Deux nostalgiques du futur

Conduite par Malick Diop, la R4 blanche descendait
lentement l'avenue Bourguiba, et s'enfonça bientôt, après un
court arrêt à un feu rouge, à l'intérieur de la Sicap Baobab. A
côté de Malick Diop était assis Madaour Sène dont les pensées,
très lointaines, n'avaient plus pour cible que le fameux sorcier
de la Casamance, Ousmane Diawara, et, bien qu'il ne le voulût,
Salimata Fall qui commençait, petit à petit, tant moralement
que spirituellement, à s'éloigner de lui. Car pour belle et
politiquement engagée que fût Salimata Fall, et même si
Madaour Sène l'aimait, il concevait mal l'attitude du Parti qui
tenait - certainement de façon absolue ! - à ce qu'entre la fille
et lui, naquît une union basée sur l'abondance de pratiques
communes. Il souhaitait fermement que Salimata Fall fût
beaucoup plus sa confidente, son amour et son amie, que sa
camarade de lutte. Mais comme pratiquement cela lui semblait
difficile, voire impossible, il ne se faisait plus d'illusions, se
disait qu'il aurait mieux agi en rejetant les avances que l'autre
jour, sur le banc de la place de l'indépendance, la fille lui avait
faites, au nom du Parti Populaire Clandestin pour qui leur union
était positive...