Panorama de la littérature fantastique américaine. Vol. 3. Du renouveau au déluge

Il faut voir le Déluge selon trois vecteurs : une abondance de pluie, la fin d'un
monde et la naissance d'un nouveau. Il en va de même pour la littérature
fantastique américaine. Depuis la mort des pulps , les oeuvres se sont multipliées
jusqu'à l'inondation. Et que pêcher dans ce lac géant ? Le fantastique traditionnel s'est
poursuivi, vaille que vaille, avec des arômes nouveaux, parfois, mais a dû céder la
place, à partir des années 80, à un genre hybride, sans nom, où se mêlent l'horreur, le
gore, les créatures fantastiques, le roman policier (avec ses propres clichés, ramassés
dans les émissions de télévision), la psychanalyse, la bluette sentimentale, la sciencefiction,
la fantasy, et j'en passe - non sans oublier le rôle de plus en plus prédominant
des gosses. Dieu merci, hormis ce hochepot peu digeste et seulement grignoté dans
ce tome 3, certains auteurs demeurent dans la grande cuisine du fantastique, même
s'ils se font de plus en plus rares à partir de 1980 - c'est pourquoi ce livre se termine
arbitrairement en 1985. Connaissez-vous, par exemple, J. Gardner, W. Hjortsberg,
Ch. Maclean, Ch. L. Grant, T. E. D. Klein, T. Tessier, T. Tryon, T. Carroll, D. Etchison,
H. Ellison, P. Straub, voire... Lawrence Block dans un domaine inhabituel pour lui ?
Et surtout, pour rappeler le proverbe selon lequel les femelles sont plus féroces que les
mâles, connaissez-vous Shirley Jackson, Joyce Carol Oates, Anne Rivers Siddons ?
Nous serions très heureux de vous les présenter : elles valent le coup. Et tant pis si le
fantastique classique américain en est à son crépuscule : il en est de splendides, dignes
toiles de fond de premières amours.