Ateliers, n° 41. Du choeur antique aux choralités contemporaines

Ateliers, n° 41. Du choeur antique aux choralités contemporaines

Ateliers, n° 41. Du choeur antique aux choralités contemporaines
200984 pagesISBN 9782844671158
Format: BrochéLangue : Français

Vsevolod Meyerhold avait sans doute vu juste lorsqu'il prédit il y a

un siècle, qu'un jour viendrait où le choeur réapparaîtrait sur scène :

on constate ces dernières années un très fort intérêt pour cette forme

théâtrale originelle. En quête de nouveaux moyens d'expression,

nombre d'artistes y recourent, de tous bords ; certains, même,

le placent au fondement de leur travail. Écriture, mise en scène,

chorégraphie, jeu, aucun domaine n'y échappe, plusieurs publications

récentes en témoignent. Ce volume réunit des études qui traitent la

question de façon originale sinon inattendue car elles abordent des

formes atypiques ou détournées du choeur (il s'agit notamment des

communications de la Journée d'étude «Du choeur antique aux

choralités contemporaines», Université de Lille 3, 13 mars 2008).

Elles tournent autour de deux pôles, le passé et l'ailleurs (lointain ou

proche : l'Antiquité et Claudel, la Grèce et le Japon), et le présent (en

France et ailleurs).

Ce n'est pas le choeur de la tragédie, mais celui de la comédie

antique d'Aristophane, si particulier car auto-référentiel, qui est étudié

dans deux contributions. Le choeur comique, avec pour fin la célébration

du poète, glissant du collectif à l'individuel, signa sa disparition, et ce

suicide de la comédie ancienne est à relier à la mort de la démocratie

athénienne.

Point de paradoxe : les corps invisibles, les êtres multiples et les

écritures corporelles des temps passés, que fait émerger l'acteur de

butô, convoquent de façon spectrale la forme chorale. Cette étude est

suivie d'une autre qui démontre comment, chez Claudel, la choralité

émane du public, grâce à divers jeux de mise en abyme qui dédoublent

l'échange entre la scène et la salle, et par là celui du monde terrestre

et céleste.

Quant au défi qu'est le choeur pour la scène contemporaine

européenne, il est abordé par trois études. Pour représenter celui,

atypique, des Bacchantes d'Euripide, en 1974, Klaus Michael Grüber le

mit en phase avec les mouvements artistiques essentiels du moment,

ouvrant sans doute ainsi une voie nouvelle à l'interprétation du drame

antique. Les deux décennies qui suivirent donnèrent naissance

en France à des collectifs d'artistes qui mobilisèrent leurs énergies

afin de créer un théâtre de solidarité et d'engagement collectif où, le

groupe étant privilégié par rapport à l'individu, la choralité prenait la

forme esthétique d'une révolte. Tandis que, pendant cette période, en

Allemagne, le travail singulier d'Einar Schleef sur la démultiplication

des personnages aborde de façon aussi provocatrice que novatrice la

question de la choralité : ainsi dans son adaptation de Maître Puntila

et son valet Matti de Bertolt Brecht.

S.H.

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