Sorcellerie et violence en Afrique

Sorcellerie et violence en Afrique

Sorcellerie et violence en Afrique
Éditeur: Karthala
2012331 pagesISBN 9782811107604
Format: BrochéLangue : Français

Dans plusieurs pays africains, en ce début de XXI<sup>e</sup> siècle, la croyance à la

sorcellerie se traduit par des accusations, des stigmatisations, des violences, des

procès judiciaires et, parfois, par de lourdes condamnations. Des églises aux

tribunaux, la sorcellerie désigne des personnes auxquelles on attribue une multiplicité

d'influences néfastes sur autrui, des actes de cannibalisme nocturne,

d'agression à distance ainsi que des pouvoirs de vampirisme, d'ubiquité, de

métamorphose, de transports aériens nocturnes etc. Être désigné comme «sorcier»

impute à la personne accusée une capacité de nuire et l'assigne à une

déchéance d'humanité. De l'espace villageois à l'espace urbain, de l'espace

privé à l'espace public, les flambées de violences accusatrices ont un caractère

quasi épidémiologique allant jusqu'à mettre en cause le fonctionnement de

l'État et de ses institutions.

Cet ouvrage fait le choix d'aborder la question de la sorcellerie sur le

terrain de la violence qu'elle engendre. La question de savoir si la violence

sociale déployée autour de la sorcellerie est une forme de coercition (légitime)

ou une forme de violence (illégitime) fait aujourd'hui débat dans la plupart des

sociétés africaines. Pour tout le monde, la sorcellerie engendre la violence, que

ce soit la violence du présumé sorcier qui se nourrirait de l'énergie vitale d'une

personne, ou la violence des accusateurs, des pasteurs-prophètes, des forces de

l'ordre ou de la vindicte populaire à l'encontre des accusés. Les hésitations des

autorités pour juger de quel côté, de l'accusation ou de l'accusé, se situe la violence

font écho au grand partage qui s'est établi depuis l'époque coloniale entre

les croyances populaires à la sorcellerie et les jugements de Loi.

A partir d'études de terrain menées au cours de la dernière décennie, de

manière comparative, dans plusieurs pays africains (République centrafricaine,

Tchad, Cameroun, Gabon, République Démocratique du Congo, République du

Congo, Mali), cet ouvrage rassemble les contributions d'anthropologues européens

et africains, de juristes, magistrats et professeurs de droit, porteurs de

réflexions communes sur les croyances génératrices de violences et les atteintes

aux droits des personnes et des catégories vulnérables.

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