Maria Zambrano, La tumba de Antigona : y otros textos sobre el personaje tragico

La tumba de Antígona détone par son hybridité intrinsèque, à la fois
philosophique, poétique et tragique. La puissance de ce texte singulier
dans l'oeuvre philosophique de María Zambrano, qu'éclairent
ses autres «essais» relatifs à la figure mythique d'Antigone, vient
sans doute de son caractère de manifeste, en faveur d'une métaphysique
incarnée, d'un logos poétique, musical, présocratique et
post-ortéguien. Par le choix du théâtre, elle encharne sa «Raison
poétique». Zambrano y manifeste, en outre, la nécessité vitale de
refuser la mort tragique que Sophocle impose à Antigone, dans sa
tragédie éponyme. «Erreur !», s'écrie Zambrano. Depuis son exil,
loin de sa terre natale, l'Espagne, alors emmurée dans la dictature
franquiste, Zambrano donne la parole aux vaincus, à ceux que
l'on croyait morts. L'histoire de son Antigone sera celle de sa
renaissance. Son Antigone, hétérodoxe, sera chrétienne - une figure
mariale, christique même -, mais résistante et engagée.