Le théâtre révolutionnaire de 1789 à 1794 : la déchristianisation sur les planches

Pour les théâtres parisiens, la prise de la Bastille s'est traduite
par un changement de public et de style. Le
théâtre, devenu populaire, n'est plus sous le contrôle de
la censure royale seulement préoccupée d'éviter tout sujet politique,
mais sous une censure citoyenne cherchant à diffuser les
idées nouvelles. On voit alors apparaître des drames avec évolutions
patriotiques, des chants et des danses, des pièces héroïnationales
à grand spectacle et musique militaire ainsi que des
mélodrames pantomi-lyriques ou divertissements patriotiques.
Ces formes de spectacles ne survivront pas à la Révolution
et n'ont été préservées que par les archives de quelques collectionneurs.
Ce mouvement théâtral reste peu connu et la
plupart de ces pièces, de qualité médiocre, ne méritent pas une
reprise. Mais leur étude d'un point de vue historique et sociologique
illustre l'évolution de la pensée révolutionnaire. Ce
théâtre a été l'un des outils de la déchristianisation qui a
conduit au culte de l'Être Suprême.
Après avoir consacré plusieurs études au théâtre révolutionnaire,
Suzanne Bérard analyse ici l'évolution de la pensée antireligieuse
dans les théâtres de Paris de 1789 à 1794. Son propos
est illustré par la réédition de trois pièces rares : L'Office du Mort,
La Journée du Vatican et Le Tombeau des Imposteurs.