Revue du MAUSS, n° 21. L'alteréconomie : quelle autre mondialisation ? : fin

«Un autre monde est possible», affirment les no global , ceux qui
ne se disent plus aujourd'hui «anti» mais «altermondialistes».
Mais un autre monde est-il possible sans une autre économie ?
Et cette visée d'une alteréconomie est-elle réaliste ? Économie solidaire,
économie sociale, économie informelle, microfinance, commerce équitable,
etc., tout cela fait-il une alternative économique véritable au capitalisme
? Telle est la question qu'affronte ce numéro de La Revue du
Mauss en mêlant le récit et l'analyse de multiples expériences à une
discussion proprement théorique bien nécessaire : au bout du compte,
n'est-ce pas la conception reçue de ce qui fait l'économie et la richesse
qu'il convient d'interroger, mais en se méfiant des solutions de facilité et
des pseudo-alternatives ?
Au terme de cet examen, une conclusion finalement assez claire se
dégage, même si elle peut sembler paradoxale. Toutes ces expériences
économiques alternatives sont vitales, passionnantes et nécessaires au
plus haut point. Mais elles ne forment pas tant une autre économie
qu'une autre manière de se rapporter à l'économie. Ce qui leur donne
leur force, c'est l'exigence de justice, de solidarité et de réciprocité dont
elles sont porteuses. Paradoxalement, c'est cette subordination de
l'économique au social, au politique et à l'éthique qui est pour elles la
condition du succès économique. À la condition de l'assumer et de ne
pas croire posséder des recettes alteréconomiques magiques.