Baudelaire antique et moderne

Baudelaire antique et moderne
Baudelaire n'a pas été seulement le présentateur du « peintre de la vie moderne », Constantin Guys. Il a été le chantre de la modernité. Non qu'il ait cherché, comme plus tard Rimbaud, à être « absolument moderne ». Mais il voulait accorder la poésie au rythme de la vie, en faire le miroir du présent en même temps que le miroir de lui-même.
Pourtant, le poète des Fleurs du Mal n'a cessé de se retourner vers le passé, et en particulier vers l'Antiquité gréco-latine. À Philoxène Boyer, qu'il accompagna dans ce que Claude Pichois a appelé « une bordée à Versailles », en 1853, il demandait encore plus tard des renseignements sur la Vénus de Milo . Son grand recueil poétique aurait pu rester intitulé Les Lesbiennes .
Lesbiennes antiques, la Sapho de « Lesbos », lesbiennes modernes ? la question rebondit. Elle est centrale pour quiconque lit et analyse l'oeuvre de Baudelaire. C'est autour d'elle que Pierre Brunel a organisé les deux séries d'études réunies dans ce volume, sans souci d'exhaustivité, mais avec le désir de souligner d'autres « correspondances ».