Le roman d'Abladane

Né des flammes qui détruisirent, en 1258, la Cathédrale Notre-Dame
d'Amiens, le Roman d'Abladane se présente comme la traduction
française d'une ancienne chronique latine brûlée pendant cet
incendie. Son auteur, qui se cache derrière l'autorité de Richard de
Fournival, était sans doute amiénois : il était probablement lié, d'une
manière ou d'une autre, aux Jacobins d'Amiens. En mêlant sans cesse
légendes populaires et vagues souvenirs historiques, il nous raconte un
épisode du passé fabuleux de sa ville, à l'époque où l'ancienne
Abladane, grâce aux prodiges de son «Virgile local», le magicien
Flocart, osa rivaliser avec la puissante Rome et se rebeller contre Jules
César, qui la rasa.
Cette fabuleuse chronique de clocher est ici publiée pour la première
fois d'après le seul manuscrit médiéval survivant (Paris, BnF,
nouv. acq. fr. 18326), qui a appartenu à Charles Du Cange et qui a été
récemment retrouvé. Elle mérite de retenir l'attention : comme l'écrivait
Paulin Paris, le Roman d'Abladane «rappelle quelques monuments,
quelques traditions, quelques vieux dictons ; c'est plus qu'on
ne trouve dans la plupart de nos romans modernes».