Sciences cognitives et phénoménologie : la conscience incarnée

Après des études pluridisciplinaires en sciences humaines (sociologie, psychologie,
anthropologie et philosophie), il se spécialise en philosophie de l'esprit. Il abandonne
ensuite le monde universitaire pour voyager et travailler de par le monde avec des
enfants et des personnes handicapés. Il se forme alors en pédagogie artistique et
développe le théâtre et le mouvement. Il intégre actuellement ses disciplines dans son
travail éducatif avec différents publics tout en travaillant la thérapie corporelle dans
sa consultation privée.
Les sciences cognitives prétendent aujourd'hui résoudre la
question de l'esprit dans une perspective matérialiste : l'esprit
est identique au cerveau. Mais la science objective, qui s'inscrit
dans une perspective à la «troisième personne», ne peut rendre
compte de l'expérience vécue en tant que telle à la «première
personne». La conscience d'être un «Je» par exemple, n'est
observable dans aucun «recoin du cerveau» et pourtant tout le
monde en fait quotidiennement l'expérience.
C'est cette expérience vécue du sujet que la phénoménologie
de Husserl explore afin de rendre compte des structures de la
conscience et de la manière dont elles constituent notre réalité
quotidienne.
L'enjeu de cet ouvrage est alors d'entamer un dialogue entre
phénoménologie et sciences cognitives et de chercher dans le
corps et l'incarnation de la conscience une possible réconciliation
de ces deux approches.
Chercher une base scientifique et philosophique a cette
réconciliation, c'est aussi tenter de briser certaines oppositions
classiques du dualisme occidental : corps/esprit, esprit/nature,
sujet/objet...