Des indésirables : les camps d'internement et de travail dans l'Ardèche et la Drôme durant la Seconde Guerre mondiale

Entre 1939 et 1946, près de 600 000 personnes ont été
internées dans un camp français, non sur décisions de justice
mais par simples mesures administratives. Ce seul chiffre
suffit à montrer l'importance d'un phénomène qui, sous des
formes variées, toucha les catégories les plus diverses de la
population. La mémoire sociale a conservé inégalement la
trace de ces camps.
La Drôme et l'Ardèche présentent un échantillon quasi
complet des diverses formes d'internement s'appliquant aussi
bien à des Français qu'à des étrangers tentant d'échapper
aux persécutions antisémites ou à la répression des régimes
franquistes et hitlériens.
Dans l'Ardèche, Largentière, Vinezac, Le Cheylard, Saint-Jean-Chambre,
Chomérac, Chabanet, Vals-les-Bains, Saint-Agrève,
Alboussière, etc., dans la Drôme, Recoubeau, Saint-Martin-en-Vercors,
Loriol, Montélimar, Saint-Vincent-de-Charpey,
Crest, etc., sont autant de lieux d'enfermement de
ces "indésirables". Ces camps multiformes ont souvent servi
de réservoirs de main-d'oeuvre, mais aussi d'antichambres
vers les camps d'extermination. Pourtant des militants aguerris
s'en sont échappés, apportant à la Résistance leur expérience
du combat et la force de leurs convictions. Plusieurs,
allant jusqu'au bout de leur engagement, le paieront de leur
vie.
L'histoire est donc complexe et les auteurs de l'ouvrage
ont su en rendre compte avec intelligence et nuance.
Historiens, ils ont pisté et dépouillé les archives disponibles,
documents écrits ou témoignages. Ils ont su également donner
chair à cette histoire et, en refermant ce livre, vous garderez
longtemps en mémoire quelques figures exceptionnelles
rencontrées au détour des pages.