La France illustrée : Lot-et-Garonne : géographie, histoire, administration et statistique

Quand les Romains, maîtres de la Gaule, la divisèrent
en dix-sept provinces, le Pagus Aginnensis , que
nous appellerons désormais Agénois , fut compris dans
la seconde Aquitaine, dont il forma l'angle méridional.
L'Aquitaine était renommée pour la fertilité de son sol,
même à cette époque de décadence où tant de parties de
l'empire étaient devenues désertes, puisque Salvien l'appelle
le "coeur des Gaules, les mamelles de la fécondité,
l'image du paradis." Or, dans l'Aquitaine, l'Agénois se
distinguait encore par la richesse de ses belles vallées
de la Garonne, du Lot et de la Baïse, par la grâce et la
fraîcheur des nombreux vallons qui entrecoupent ses
plateaux élevés ; il n'est dont pas surprenant que les
riches Romains se soient plu à l'habiller, à y construire
de somptueuses villas dont les fouilles, particulièrement
celles que l'on a faites à Nérac et à Sainte-Pompogne,
nous ont révélé l'existence. Statues, figurines, vases antiques,
amphores, médailles, monnaies impériales, admirables
mosaïques ont été recueillies avec soin. Les
voies romaines sillonnaient le pays ; l'une d'elles subsiste
encore aujourd'hui et conduit les voyageurs des
rives de la Garonne vers la ville de Sos et l'Armagnac ;
on l'appelle la Ténarèse ( iter Coesaris ). Quiconque
allait à Bordeaux, venant du centre de l'empire, traversait
l'Agénois. Agen possédait une école qui le
disputait à celles de Toulouse et d'Auch, sinon à
celles de Bordeaux.