Politique et responsabilité : enjeux partagés

Plus que jamais, alors que «la citoyenneté»,
concept bien galvaudé, est en crise et que la
société lui cherche, tant bien que mal, un sens,
que la politique semble démissionner à chaque
fois que la dignité est mise en cause et que «la
chose commune» semble perdre, chaque jour,
un peu de sa consistance, il était important
de considérer le politique comme objet de
pensée.
Il n'y a pas de dépérissement du politique, mais
bien plutôt a-t-on perdu de vue ce qui en fait
tout à la fois la consistance et la dignité.
Au-delà de la clarification nécessaire pour ne
pas confondre la crise actuelle de la citoyenneté
et un dépérissement du politique, la question
de la démocratie reste entière.
Quant à la politique, ne dépérit-elle pas tous
les jours ? Le présent politique de la citoyenneté
est fonction des différents concepts qui constituent
la politique et des contradictions qui
obligent à passer de l'un à l'autre. Ces derniers
sont : émancipation, transformation, civilité.
Ces éléments de réflexion éclairent le débat sur
la crise de la politique.
La politique, réduite à des activités de gestion
des affaires relatives à la «chose publique», ne
peut, en aucune manière, honorer la raison
d'être du politique. D'autant plus qu'elle est
perçue par les membres de la Cité comme
instrument au service du pouvoir dont il faut
se méfier.
Nous appréhender comme capables de régler
nous-mêmes les problèmes qui nous concernent
suppose une conscience politique,
individuelle et collective, permettant une
vraie participation à la marche des «affaires»
publiques et une démocratie capable d'intégrer
cette participation comme nécessité à sa propre
existence.