Villes sous contrôle : la militarisation de l'espace urbain

Checkpoints , drones, GPS, passeports biométriques, insectes cyborgs,
puces RFID, détecteurs de cibles, essaims de nanocapteurs, soldats-robots,
barrières Jersey, dirigeables de surveillance, bombes «incapacitantes» et
arsenal «non létal»... Qu'ont en commun toutes ces «technologies» qui,
pour certaines, semblent relever de la science-fiction et qui, pour d'autres,
imprègnent déjà notre quotidien de citadins ? Concoctées dans les laboratoires
de l'armée, elles sont les nouvelles armes de la guerre en cours, cette
«guerre asymétrique» ou «permanente» qui transforme les armées occidentales
en forces contre-insurrectionnelles high-tech et chacun d'entre nous
en cible potentielle nécessitant d'être identifiée, pistée, surveillée, au nom de
la prévention d'une menace indistincte.
Avec Israël comme laboratoire et la «guerre contre le terrorisme»
comme terrain d'application mondial, cette nouvelle forme de conflit touche
de manière très différenciée les habitants du monde riche et ceux des espaces
post- et néocoloniaux. Elle se signale cependant par un trait commun à tous
ces territoires : ses champs de bataille ne sont plus les plaines ou les déserts,
mais les principales agglomérations urbaines mondiales. Dans le sillage des
travaux de Mike Davis, Naomi Klein ou Eyal Weizman, le livre de Stephen
Graham nous donne les clés pour comprendre les logiques profondes de cet
emballement militaro-sécuritaire globalisé.