L'Eglise de France et les enfants juifs : des missions vaticanes à l'affaire Finaly (1944-1953)

Après la Libération, la discussion fait rage, en France, sur la
validité des baptêmes administrés pendant la guerre par l'Église
catholique pour sauver les enfants juifs. Catherine Poujol a
découvert une note de la nonciature à Paris, datée du 23 octobre
1946, demandant de ne pas rendre ces enfants désormais
baptisés, même à leurs parents. C'est à démonter la fabrication
de cette archive qu'elle s'est attachée. L'élaboration de cette
directive sert de colonne vertébrale à l'ouvrage : comment en
est-on venu à décider cela ? Quelles pressions furent exercées
sur Pie XII pour obtenir un memorandum ordonnant de rendre
tous les enfants juifs cachés après-guerre et pourquoi ce ne
fut pas le cas ? Pour y répondre, l'auteur a étudié les positions
des évêques français concernés qui ont accueilli ces enfants
dans leurs diocèses-refuges. Elle s'est aussi attachée à décrypter
l'attitude des «hommes de terrains» (les pères Braun,
Cnaillet, Devaux), ces ecclésiastiques qui détiennent les enfants
cachés après les avoir sauvés, nourris et protégés. Les ont-ils
baptisés ? Les ont-ils rendus facilement ? Leurs positions sont
très différentes.