Rites et musiques de possession à Bahia

«Ce qui fait la force des adeptes du candomblé, au-delà
de leurs divergences rituelles ou de leurs conflits
stratégiques, c'est leur capacité à absorber l'autre, à
faire leur ce qui vient d'un ailleurs, proche ou lointain,
avec une aisance et une promptitude sans égales : une
divinité, un chant, un rythme, une mélodie, une
«tradition», une croyance... De ses racines multiples,
Bahia fait chaque jour éclore de nouvelles fleurs
métisses, dont l'arôme mêle l'odeur de la terre d'où
elles tirent leur suc aux senteurs inédites de leurs pétales
multicolores : ce mélange exhale, avec une force suave,
le parfum ineffable de la vie».
Rites et musiques de possession à Bahia , résultat de recherches engagées en 1992,
aborde les «nations» de candomblé sous une double perspective, anthropologique
et ethnomusicologique. Les différents peuples et cultures en contact à Bahia depuis
le XVI<sup>e</sup> siècle ont forgé un univers religieux extrêmement polymorphe, où rites et
musiques s'enchevêtrent pour donner naissance à des pratiques en constante
métamorphose.
Loin des clichés ethnocentriques, loin de vouloir apporter une sentencieuse
contribution en démystifiant l'association traditionnelle entre musique et
possession, cet ouvrage montre que leurs relations sont plus complexes que l'on a
coutume de croire.
L'observation minutieuse des candomblés à Bahia met au jour un pluralisme rituel
et comportemental. Ce pluralisme confirme la nature symbolique - et non
physiologique - du lien entre musique et possession et remet partiellement en
question la distinction classique entre chamanisme et possession.