Les chars de la Grande Guerre

L'histoire des chars de la Première Guerre mondiale est unique. En amont,
elle ne peut être détachée de celle des pionniers qui depuis la
Renaissance et les révolutions industrielles, ont essayé de «motoriser»
les armes existantes, ni de celle de l'invention de l'automobile. Elle est
également unique dans la mesure où ces chars sont nés pendant la guerre et
pour la guerre, et n'ont pas connu de ce fait les contraintes du matériel militaire
en matière de respect des routes et des biens civils. Elle marque aussi la fin
d'une époque, celle où «les techniques étaient encore relativement simples et
d'un accès facile, les études et les fabrications d'armement étaient assurées
par des militaires, très généralement des artilleurs, qui s'étaient spécialisés
dans la technique [...].» En aval, après les vicissitudes inhérentes à toute
invention, les chars de la Grande Guerre ont posé les jalons des engins qui
sont devenus quelques années après, les maîtres du champ de bataille.
Saint-cyrien de la promotion Capitaine Guilleminot (1975-1977), le lieutenant-colonel
Paul Malmassari est officier dans l'arme blindée, choix dicté par son
intérêt pour les chars et leur histoire. Après avoir servi en régiment comme chef
de peloton et comme capitaine commandant, puis en particulier au 501°/503°
RCC à Mourmelon comme commandant en second et dans divers états-majors
internationaux (ONU/New York, OTAN/Heidelberg et ECMM/Sarajevo) il commande
depuis l'été 2002 la Division des Traditions et de la Symbolique Militaires du
Service historique de la Défense.
Docteur en histoire, il a publié outre de nombreux articles, deux ouvrages :
Les Trains blindés 1826-1989 (éditions Heimdal, 1989) et Les Blindés de
l'ONU, (éditions La Plume du Temps, 2000).