Subjectivité et lien social : figures des mutations contemporaines

Du fait de la domination conjuguée des
idéologies technoscientifiques et du
marché généralisé, nos socio-cultures
contemporaines se trouvent désormais
caractérisées par l'ébranlement des
idéaux collectifs, l'exacerbation des
identités ethniques ou religieuses et par
la marchandisation des rapports entre
les hommes. Cette domination introduit
de nouvelles figures du lien social qui
conditionnent et entretiennent de nouveaux
modes de subjectivation donnant lieu
effectivement à des réactions inédites,
collectives ou individuelles, normées ou
pathologiques.
De ce fait, dans les différents secteurs de la
société, les évolutions actuelles et à venir
mettent à jour, et de plus en plus, la double
tension entre, d'une part, la mise au premier
plan de la masse des consommateurs et
des usagers et, de l'autre, une exhibition
publique sans limite et une mise en scène
quasi-obscène de l'intime et du privé par
la montée au zénith social des moyens de
communication.
Néanmoins, les questions de l'identité sexuée,
les manifestations du désir, les demandes
et démonstrations de l'amour et le réel de
la jouissance, restent et resteront toujours
posées pour chacun au singulier, au sein de
chaque couple, à l'intérieur de chaque famille
et dans le cadre de chaque socio-culture,
tout comme le sont et resteront les grandes
questions de l'existence : qu'est-ce qu'être
une femme, être un homme ? Qu'est-ce qu'un
père ? Qu'est-ce qu'une mère ? Que me veut
l'Autre ?...
Notre visée dans cet ouvrage est d'examiner
les rapports qu'entretiennent les
nouvelles figures du lien social, les effets
problématiques voire pathogènes qu'ils
peuvent secréter ainsi que les processus de
subjectivation qui en découlent ou qui tentent
d'y répondre.