De bonne guerre

« - Duran ?
- Présent.
- Durand ?
- Présent.
- Durans ?
- Présent.
- Durant ?
- Présent.
La seule occupation qui réunît tout le camp, occupation très astreignante, mais assez peu occupante, finalement, était l'appel. Il y en avait quatre par jour, et qui pouvaient durer indéfiniment.
Les premiers avaient été particulièrement exaspérants et odieux. Il avait fallu que les Allemands déchiffrent cette bizarre orthographe française. Il y eut de nombreux quiproquos, et les vérifications prirent un temps démesuré. »
Comment réagir lorsqu'on est fait prisonnier en 1940 pendant l'invasion allemande, sans avoir eu l'occasion de tirer un seul coup de fusil ? Pour l'officier le plus gradé de l'oflag, le « Vieux », comme l'a surnommé son régiment, on ne peut avoir d'états d'âme : il faut accepter les ordres de reddition. Or, contre toute attente, le Vieux va transgresser son serment d'obéissance d'une manière aussi inattendue qu'inouïe...