Mouvement social (Le), n° 246

Ce numéro varié aborde trois thématiques.
La première est relative au monde arabe
contemporain. Joel Beinin revient sur le rôle
des travailleurs dans les révolutions arabes de
2011, en particulier en Égypte et en Tunisie, dans la perspective de leurs
mobilisations depuis les années 1970. Véronique Bontemps propose une
approche historico-anthropologique du savon de Naplouse. Le parcours
d'un petit producteur permet de questionner les relations entre tradition,
patrimoine et modernité sous le régime d'occupation des Territoires
palestiniens.
Un deuxième dossier porte sur l'anarchisme français à la fin du XIX<sup>e</sup> et
dans la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle. Constance Bantman montre que
les anarchistes francophones exilés en Grande-Bretagne dans les années
1880-1890 constituent un groupe fragile, faiblement organisé et surtout
accaparé par des impératifs de survie matérielle. Contrairement aux idées
reçues, ils sont plus enclins à la réflexion stratégique sur le potentiel révolutionnaire
du syndicat qu'aux éclats terroristes. Arnaud Baubérot revisite
de son côté les aspirations anarchistes au naturisme. Il identifie dans le
parcours de Louis Rimbault et ses expériences de vie communautaire une
sensibilité qu'on pourrait dire pré-écologique.
Enfin, deux articles proposent des réflexions historiographiques. Sylvain
Milbach analyse, à partir des travaux consacrés à la vie et à l'oeuvre de
Lamennais, la construction d'une sorte de mythe-écran qui aurait
moins favorisé que fait obstacle à la compréhension de l'évolution du
catholicisme français contemporain. Antoine Prost revisite ses propres
travaux d'histoire quantitative pour inviter les nouvelles générations au
maniement des sources sérielles tout en appelant à certaines prudences
méthodologiques.