Problèmes politiques et sociaux, n° 976. La montée du déclassement

Une large majorité de Français pensent que leurs enfants
vivront moins bien qu'eux et que demain sera plus difficile
qu'aujourd'hui. Cette question du déclassement social
est apparue dans un contexte de persistance d'un chômage de
masse, d'introduction progressive de formes précaires d'emploi,
d'extension des zones de pauvreté et d'exclusion...
Trois grandes formes de déclassement peuvent être distinguées.
La première touche ceux qui connaissent une réussite
sociale moins favorable que leurs parents : c'est la «mobilité
sociale descendante». Le déclassement peut intervenir en cours
de vie, suite à un licenciement, à des difficultés personnelles, mais
aussi toucher globalement un groupe social : c'est tout l'objet du
débat autour des classes moyennes, dont on a pu dire qu'elles
étaient «à la dérive».
Enfin, le déclassement renvoie à la situation d'individus trop
qualifiés pour les emplois qu'ils occupent. Peut-on parler de
déclassement des diplômés ? De dévalorisation des diplômes ?
Quelle est alors la portée de la démocratisation scolaire ?
Ce dossier présente les différentes facettes du déclassement et
examine, dans un contexte où le risque est grand de voir la société
se scléroser et les rapports sociaux se tendre, la question de la
solidarité entre les générations et la façon dont les comportements
sociaux et politiques peuvent être affectés.