Le retour au pays natal

Le Retour au pays natal commence par l'une des plus
prodigieuses descriptions de la lande qu'ait produite la littérature
anglaise «la vraie matière tragique du livre» pour
reprendre l'expression de D.H. Lawrence, grand admirateur de
Thomas Hardy. Sur cette lande, un homme entièrement rouge,
des pieds à la tête, avance très lentement dans une petite carriole,
c'est «l'homme au rouge» qui marque les moutons de
sa craie vermillon. Nous voyons à travers ses yeux : tout près,
à l'intérieur de cette carriole, une femme dort ; au loin, les
paysans ont allumé des feux sur un tumulus, on se rapproche
un peu et l'on apprend les nouvelles du pays : Clym Yeobright,
parti à Paris, va revenir à Noël ; sa cousine, la douce Thomasine
devrait bientôt épouser Wildeve. Un peu plus loin, la très
belle et sauvage Eustacia Vye se morfond en attendant son
amant...
Le Retour au pays natal , d'abord publié en feuilleton en
1878 dans le magazine Belgravia, a été révisé par Hardy en
1912 lorsqu'il rassembla l'ensemble de ses oeuvres de fiction
sous le terme générique de Wessex Novels. Le Wessex est le
nom qu'il donne au territoire sur lequel se déroulent tous ses
romans et qui comprend six comtés du sud-ouest de l'Angleterre
(dont le Dorset). Véritable unité territoriale mi-fictive (il
réinvente une toponymie), mi-réelle (on reconnaît aisément
les lieux), le Wessex devient un personnage à part entière.