Patrie d'origine et patries électives : les citoyennetés multiples dans le monde grec d'époque romaine : actes du colloque international de Tours, 6-7 novembre 2009

Dans le monde grec d'époque hellénistique, la conception de la citoyenneté
connaît des évolutions importantes en lien avec la recomposition des équilibres
socio-politiques. À l'époque impériale, ce remodelage séculaire de la politeia
se poursuit et se traduit notamment par une pratique qui, sans être totalement
nouvelle, semble alors se développer : la possession de plusieurs citoyennetés
locales.
Le colloque international qui s'est tenu à Tours en novembre 2009 visait à
évaluer l'ampleur de ce phénomène et à en cerner les implications concrètes
et symboliques, dans le cadre culturel et politique particulier de l'Orient
romain, depuis la basse époque hellénistique jusqu'à la fin du Haut-Empire. Les
variations que l'on observe, en Grèce, en Asie Mineure et sur les rives de la mer
Noire, dans l'expression des citoyennetés multiples - certaines étant affichées
comme autant de titres honorifiques, alors que d'autres sont vécues sans être
explicitées - posent des problèmes méthodologiques. Elles invitent aussi à
réfléchir aux divers facteurs susceptibles d'encourager le cumul de plusieurs
citoyennetés locales - l'identité et la position sociale des individus concernés
(commerçants, athlètes et artistes, sophistes, petits et grands notables), les
traditions régionales et le rôle des koina -, ainsi qu'aux enjeux juridiques et
politiques liés à l'exercice de la multi-citoyenneté.
During the Hellenistic period, social and political changes led to an evolution
of the Greek concept of citizenship, which lost some of its exclusiveness. In the
Imperial times, this long-term reshaping of the politeia continued and resulted
in a practice which, although not entirely a new one, seems to develop : the
possession of several local citizenships.
The international conference held at Tours in November 2009 aimed at
evaluating the scale of this phenomenon and at examining its practical and
symbolic consequences, in the cultural and political context of the Roman East,
from the late Hellenistic period to the end of the Early Empire. In Greece, Asia
Minor and the regions of the Black Sea, the variations in expressing multiple
citizenship - sometimes duly recorded as an honorific title, sometimes kept
under silence - raise methodological questions. They also suggest to consider
the reasons for multiple citizenship - the identity and social position of the
persons concerned (traders, athletes and artists, sophists, great and small
notables), regional traditions and the role of the koina - as well as the legal and
political issues at stake.