La loi de la Maison : fondements d'une éthique de l'économie

Nos deux idoles économiques, le marché et la redistribution, ne produisent pas d'avantage
de sens ensemble que séparément, et nous avons bien mieux à penser et à faire que de
sacrifier à leur culte désespérant. C'est plutôt dans la sage possession de nos cinq biens
- temps, espace, corps, connaissance, monde - et dans les quatre actes qui conditionnent
cette possession - partage, échange, association, don - que réside le sens profond qui
leur fait défaut : ce sont eux les éléments primordiaux de la loi de la maison ( oïkonomos )
et les seuls fondements rationnels d'une éthique de l'économie.
En quête de leur essence spécifique, cet ouvrage nous invite à découvrir leur signification
et norme respectives, ainsi que la place exacte qui doit être faite à chacun d'eux dans
l'économie d'une civilisation sage et juste.
Le partage des biens naturels et des risques communs, lequel devrait fonder la Cité, est à
l'opposé de la redistribution compulsive qui la dissout aujourd'hui. La reconnaissance de
la troisième condition de l' échange - la dissociation des ordres de valeur - transfigurerait
le monde, tandis que la pseudo-loi du marché le défigure. Une association économique
vraiment rationnelle, prenant objectivement en compte la contribution des associés, ne
serait plus une machine à broyer les êtres et les biens. Une vraie monnaie, enfin, serait
un don incomparable qui la distinguerait des assignats malveillants, verts ou bleus, qui
inondent aujourd'hui notre monde.
Avec la Loi de la Maison, Bruno Lecoq nous livre le fruit d'une quête de sept années destinée
à dégager les piliers d'une économie à la mesure de l'homme, piliers aujourd'hui ensablés sous la
synthèse idéologique inconsistante d'un «marché sans loi» et d'une «redistribution sans cause».
Plus généralement, il vise à bâtir une nomologie fondamentale articulant la réalité, la liberté et
l'autorité : il travaille aujourd'hui en ce sens à un ouvrage sur le serment.