No man's land : les îles lointaines

Rendu célèbre par le film d'Alfred
Hitchcock tiré de son livre, Les Trente-Neuf
Marches , le romancier écossais John Buchan,
Baron Tweedsmuir (1875-1940), influença
des auteurs tels que H. P. Lovecraft, C.
S. Lewis, J. R. R. Tolkien et G. Greene.
Ce grand diplomate est surtout l'auteur
de romans d'aventures, d'espionnage,
fantastiques et historiques. Cet amoureux
des légendes celtiques nous a aussi légué
des nouvelles qui développent une vision
magique de l'univers, et qui montrent à la
fois sa fascination pour les îles mythiques
du bout du monde («The Far Islands»)
(1899) et le thème du réveil des divinités
anciennes.
Face au «Petit Peuple» de la légende,
le héros est confronté à un monde ancien
de mystère et de barbarie, «No-Man's
Land», évoque la survie, sous la terre
écossaise, des mystérieux Pictes, ces
indigènes au corps tatoué qui furent jadis
refoulés à l'intérieur des montagnes par les
Scots, ancêtres des Écossais. Cette quête
dans les ténèbres de la terre est aussi une
plongée dans les abysses de l'histoire et
une descente moderne aux enfers. Il n'est
guère surprenant de trouver ce genre de
thème chez l'écrivain écossais fasciné par
un passé archaïque qui peut resurgir en des
temps rationnels. La peur de la barbarie,
de la «décivilisation», comme l'appelle
Buchan, correspond à celle du retour des
dieux païens.