Le Corbusier et le Japon

Aucun autre pays que le Japon n'a fait une telle place à Le
Corbusier, à ses disciples et aux architectes qu'il a longtemps
inspirés. Nulle part ailleurs, ses écrits n'ont été si rapidement
traduits, publiés et commentés. Ce sont les jeunes architectes japonais,
attirés par le prestige des textes de Le Corbusier, qui ont donné
le départ d'un formidable intérêt pour l'agence de la rue de Sèvres ;
cet intérêt pour l'architecte était d'ailleurs sélectif, il laissait de côté
aussi bien l'urbanisme que l'oeuvre plastique du dessinateur ou du
peintre, et combinait plusieurs images successives de Le Corbusier,
qui était d'abord, dans les années 1920 et 1930, un «jeune héros»,
puis, après 1945, un «maître» du modernisme, et enfin, l'architecte de
référence d'une nouvelle approche de l'espace qu'au Japon, en raison
des conditions d'une intense démarche de modernisation, on expérimente
avec passion. Jusqu'à présent cependant cette relation de
Le Corbusier avec le Japon n'avait pas fait l'objet d'une étude. A côté
des grandes sagas, celle de Le Corbusier en Amérique latine, celle de
Le Corbusier en URSS, la relation de Le Corbusier avec le Japon
était demeurée une page blanche, qui attendait son approche, son
écriture, ses interprétations. C'est ce qu'apportent les travaux du colloque
réuni à Tokyo en 1997, que nous présentons ici aux lecteurs de
langue française.