Lettres de la Terre

En punition de son insolence, Dieu a envoyé Satan en exil dans l'un des
pires endroits de la Création : la Terre.
Pour tromper son ennui, le plus turbulent des archanges adresse à ses deux
collègues, Michel et Gabriel, des cartes postales fort peu orthodoxes. Si la
crédulité de l'Humanité ne lui inspire d'abord que sarcasmes, il finit, face à
ses misères, par se prendre de compassion pour elle. Sous la plume de
Twain, le méchant n'est pas celui qu'on croit...
«Les gens d'ici sont tous déments, de même que les autres animaux : la
Terre est une folie, la Nature est une folie. L'Homme est une merveilleuse
bizarrerie. Dans ses bons - ses très bons - jours, il fait penser à un ange bas
de gamme, en plaqué nickel. Le reste du temps, il défie la description et
l'imagination : une caricature permanente ! Ce qui ne l'empêche pas de se
considérer benoîtement, en toute sincérité, comme "la plus noble des
créatures de Dieu". Croyez-le si vous voulez, je n'invente rien.»
Les Lettres de la Terre ( Letters
from the Earth ) figuraient parmi
les nombreux inédits que Mark
Twain laissa à sa mort, en 1910.
Quand Bernard DeVoto tenta de
les publier, à la veille de la
Seconde Guerre mondiale, la fille
de Twain, Clara Clemens, s'y
opposa fermement, en raison de
leur caractère antireligieux.
Il fallut attendre 1962, soit plus de
cinquante ans après la mort de
l'auteur, pour que le texte puisse
enfin paraître aux États-Unis.