Libertinage et philosophie au XVIIe siècle. Vol. 7. La résurgence des philosophies antiques

Depuis quelque temps déjà, les chercheurs tendent à envisager
l'âge classique comme le nouveau champ de bataille des
philosophies antiques, où se rejoueraient, mais avec un enjeu
tout autre, les guerres anciennes. Stoïcisme, scepticisme, épicurisme
ont été envisagés comme des philosophies compatibles
avec la doctrine chrétienne, même comme des servantes
de la foi. Juste Lipse, Guillaume Du Vair, Montaigne,
Charron, La Mothe Le Vayer, Gassendi, Pascal et Bayle ont
joué un rôle capital dans cette révision de l'histoire de la philosophie.
Mais on peut envisager ces mêmes doctrines, au-delà
des déclarations de ceux qui les proposent, comme des
systèmes métaphysiques cohérents et comme des codes de
valeurs morales indépendants de la vérité religieuse. L'enjeu
est capital, puisqu'il s'agit de la viabilité même d'une philosophie
libertine, face aux dénégations emphatiques des apologistes
qui répètent : «Le fol a dit en son coeur que Dieu
n'existe pas». Stoïciens, cyniques, sceptiques, épicuriens ont
leur mot à dire à l'âge classique : à nous de les entendre et de
tirer les conclusions.