L'adieu aux arts : rapport sur l'affaire Brancusi

L'adieu aux arts
Rapport sur l'affaire Brancusi
1<sup>er</sup> octobre 1926 : le paquebot Paris débarque dans le port de New York. À son bord, une vingtaine d oeuvres, dont L'Oiseau dans l'espace de Constantin Brancusi sont vétilleusement examinées par un inspecteur des douanes américaines. Ignorant de la scène artistique européenne qui a renoncé depuis quelques temps à la figuration, il décide d'appliquer à ces étranges objets la taxe d'importation des objets utilitaires ou manufacturés, l'article 399 du Tariff Act de 1922. Cet épisode marque le début d'une bataille sans merci entre un establishment conservateur et l'avant-garde artistique. Le procès Brancusi par son retentissement international sur les lois en vigueur à l'époque, fonde alors, d'une manière définitive, la notion d'art moderne telle que nous la concevons encore aujourd'hui.
N'étaient-ils pas plutôt, ces maudits Oiseaux, un appel à la décadence, à la dégénérescence, voire à la perdition ? Mieux valait donc les qualifier d'« objets manufacturés » et les taxer lourdement faute de pouvoir en interdire l'importation pour blasphème ou obscénité.
B. E.