Revue d'histoire maritime, n° 21. Les nouveaux enjeux de l'archéologie sous-marine

Ce numéro, très richement illustré, présente un dossier intitulé «Les nouveaux enjeux de
l'archéologie maritime», dont les découvertes apportent beaucoup : comment, par exemple,
ne pas être sensible aux conséquences du débarquement allié de 1944 ? C'est une discipline
très proche de l'histoire par ses centres d'intérêt mais également très différente par ses
démarches et parfois par son vocabulaire : un glossaire d'archéologie marine et sous-marine
très fourni figure donc dans ce numéro.
Ce dossier est d'abord centré sur «les nouvelles problématiques de la recherche archéologique
sous-marine», autour de l'étude des changements côtiers d'un côté, de la prospection
et de l'étude des épaves à grande profondeur de l'autre. À partir du chantier-laboratoire
du vaisseau La Lune , qui appartenait à la première Marine de Louis XIV, Michel L'Hour
retrace les étapes de la conquête des abysses par les archéologues sous-marins français.
Les technologies utilisées sont étudiées plus en détail dans la seconde partie du dossier,
notamment la photogrammétrie numérique, la réalisation des modèles numériques et
plus généralement toutes les possibilités apportées par l'informatique. Enfin, le dossier
s'attache à montrer ce que peut apporter la valorisation de la recherche sous-marine,
notamment grâce à une recherche aux résultats spectaculaires de Jerzy Gawronski, qui
étudie la cargaison et les structures de l' Amsterdam , vaisseau hollandais qui s'échoua en
1749 ; ses recherches débouchent en effet sur l'économie et «la production urbaine» de la
ville d'Amsterdam à cette époque.
Le caractère novateur du dossier est tout aussi évident grâce aux présentations de leurs
recherches par sept doctorants, dont les thèses sont en cours, et par le contenu des varia.
Dans le premier cas, on voit à la fois la diversité des sujets retenus puisque nous allons de
l'archéologie côtière à l'utilisation des U-Boot-Bunker construits par les Allemands dans nos
villes portuaires, en passant par la présence russe dans le Pacifique Sud au tout début du
XIX<sup>e</sup> siècle. Les problèmes actuels attireront l'attention sur le conflit franco-anglais en mer
d'Oman à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Beaucoup de lecteurs, par ailleurs, seront tout à fait intéressés
par les conditions de la recréation de l'École navale au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale.
Le numéro rappelle enfin l'oeuvre de deux très grands historiens du maritime : Jean Boudriot
et Paul Butel.