L'enseignement universitaire et supérieur au Congo-Kinshasa : défis et éthique

La ruine du système éducatif conduit souvent à la décadence de la
société tout entière, à la perte de toute référence identitaire, disons, à «la
perte du sol ferme». Dès lors, le débat sur la bonne gouvernance et la
reconstruction nationale du Congo-Kinshasa ne peut en aucun cas
négliger la problématique sur la formation de la jeunesse. En effet, le
difficile contexte économique, le délabrement de toutes les infrastructures,
le pillage des ressources nationales, la «clochardisation» des enseignants
et la crise des modèles notamment ne facilitent pas toujours la préparation
des jeunes Congolais à la vie et pour la vie. De là, leur fréquente
inaptitude à faire face aux énigmes et aux exigences de la vie quotidienne.
Dès lors, comment offrir aux jeunes Congolais des perspectives à la
question du sens, à la réflexion et à la conviction personnelle ? Comment
concilier la demande immense de formation avec la faiblesse des moyens
financiers mis en oeuvre, la formation à la compétence avec l'exigence du
coût de la vie et la «clochardisation» des enseignants, la formation à la
«répétition» avec le développement de l'initiative personnelle, de
l'aptitude à la critique et au jugement ? Le système éducatif congolais
conduit-il les jeunes à une «nouvelle naissance» comme adultes et
responsables pour une prise en charge de soi par soi et des autres
par soi ? Les universités congolaises comportent-elles en elles-mêmes la
promesse d'une vie après la formation ?