Le thé n'a plus la même saveur

En quittant son village natal près de Ouarzazate dans le sud
marocain, H'ddou a laissé derrière lui un lieu déserté par les
hommes. Les femmes abandonnées pleuraient leurs maris ensorcelés
par le rêve français. Pour elles, la France est une femme
sans scrupules.
H'ddou n'avait pas écouté le conseil de sa mère qui ne cessait
de lui répéter «Mieux vaut les piqûres d'abeilles de son propre
pays que le miel des pays des autres». Il vécut les affres de l'exil
et la difficulté d'être dans un monde qui n'est pas le sien. Son
amour pour H'ra, sa cousine, fut contrarié par une belle-mère
autoritaire produit d'une société marocaine encore sous le poids
des traditions ancestrales.
Sa liaison avec Francine rencontrée dans un foyer pour étrangers
à Lyon fut, elle aussi, compromise à cause des malentendus
culturels. H'ddou est un être perdu entre les pays et entre les
femmes.
Mais le combat de H'ra pour reconquérir sa liberté et retrouver
son amour, fut déterminant. Dans la nuit, elle déterra le trésor
caché dans le tombeau du Saint Sidi Bourja, protecteur du village
et se présenta au consulat de France à Marrakech.