La justice sociale saisie par les juges en Europe

Dans la tourmente de la crise économique mondiale et alors que le fléau
majeur de nombreux pays s'appelle la misère - que certains, avec les armes de l'analyse
économique, re-pensent radicalement - l'Europe quant à elle tente comme elle peut de
sauvegarder ses acquis sociaux. Alors que la grande majorité des contrées ne pensent
qu'en termes de survie, l'Europe pense en termes de justice. Les drames vécus par ces
Ailleurs - ces pays existant hors du territoire européen - n'empêchent évidemment pas
de réfléchir sur les désenchantements sociaux vécus par un continent européen malmené,
bousculé, déstabilisé par les errements d'une mécanique qui pourtant avait fait, un
temps, sa force : la mécanique économique.
Dans ce contexte de re-fondation, les droits sociaux occupent très souvent la scène politique
et sociale mais également doctrinale. Mais qu'en-est-il de la justice sociale comme
telle ? Si elle innerve régulièrement pour ne pas dire constamment les scènes politiques
nationales après avoir été, assez tôt d'ailleurs, fer de lance de la scène «universelle»
au travers de l'action de l'Organisation Internationale du Travail, puis plus récemment
de celle de l'Organisation des Nations-Unies comme telle - si elle a toujours été au coeur
des réflexions philosophiques, qu'en est-il du champ juridique ? Les juristes se sont-ils
penchés concrètement sur le concept de justice sociale pour en proposer une définition,
en dégager les contours et la portée, tout en définissant ses modalités de mise en oeuvre ?
Ce sont ces quelques interrogations, sommairement présentées, qui furent à l'origine
du lancement de cette troisième journée d'étude consacrée à la justice sociale dans
le cadre du cycle des «juges en Europe»